QUESTIONS DE MARS 1999 
 
  
 

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1.Quelles sont les recours des copropriétaires ou du syndicat, lorsqu'un chèque est émis et signé par les personnes autorisées à le faire, alors que la dépense avait été rejetée par une résolution dûment adoptée ? Quelles sont les  conséquences d'un acte posé par des administrateurs au-delà des limites que la Loi leur impose? 

Le fait de devoir agir conformément aux résolutions d'un organe du syndicat constitue une limite importante aux pouvoirs des administrateurs. Ces conséquences peuvent s'apprécier à trois égards soit: 

1) à l'égard du syndicat: il ne faut pas oublier que la publication d'une Déclaration de copropriété crée une personne morale que l'on appelle le syndicat de copropriété. Comme tel, le syndicat a une existence propre, différente de celle des copropriétaires. Il est composé de 2 organes: le conseil d'administration et l'assemblée des copropriétaires. Le syndicat ne peut exprimer ses décisions qu'à travers ces 2 organes, au moyen de résolutions dûment adoptées.  
Toute personne, et plus précisément les administrateurs, qui représente le syndicat est donc considérée comme un mandataire de celui-ci, et doit agir dans le cadre du mandat qui lui est confié. Les administrateurs doivent donc respecter les résolutions adoptées, et agir à l'intérieur de ce cadre. Poser un geste qui contrevient à une résolution engage la responsabilité de celui qui l'exécute. Dans notre cas les signataires du chèque auraient été personnellement responsables de restituer les fonds au syndicat.  

2) à l'égard de la banque: la banque n'encourt aucune responsabilité tant que les chèques sont signés par les personnes autorisées par la Résolution  bancaire du Conseil d'administration. Du moment que le chèque est signé par ces personnes, la banque n'a aucune autre vérification à faire.  

3) à l'égard du cocontractant: le tiers faisant affaires avec une personne morale doit en principe vérifier si les personnes avec qui il traite sont autorisées à représenter le syndicat. Le meilleur moyen de le faire est d'obtenir copie de la résolution qui autorise telle ou telle personne à signer. Cette réponse doit cependant être nuancée, car il faut apprécier la nature de l'acte. Lorsqu'il s'agit d'un acte mineur, le tiers peut s'en tenir à un pouvoir apparent ou présumé. Vous ne pourriez vous faire rembourser par un magasin les achats de peinture faits par un administrateur. Seul l'administrateur engagerait sa responsabilité envers le syndicat s'il n'était pas autorisé à faire un tel achat. Mais s'il s'agit d'un contrat pour refaire une couverture ou changer des fenêtres, il est conseillé de vérifier que cet acte a été autorisé par une résolution .  Il faut préciser également que le tiers n'a pas à aller au-delà de la résolution qu'on lui présente. Il peut présumer que cette résolution a été valablement adoptée et que toutes les règles ont été suivies. Lorsqu'il s'agit de poursuites, auprès d'une Cour ou d'un organisme, on exigera toujours une résolution décidant de la poursuite et des personnes nommées pour représenter le syndicat.  

Nous vous reproduisons ci-après certains articles pertinents du Code civil qui concernent l'administration des personnes morales:  

"321.     L'administrateur est considéré comme mandataire de la personne morale. Il doit, dans l'exercice de ses fonctions,   respecter les obligations que la loi, l'acte constitutif et les règlements lui imposent et agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont conférés.   

322.     L'administrateur doit agir avec prudence et diligence. Il doit aussi agir avec honnêteté et loyauté dans l'intérêt de la  personne morale.   

335.     Le conseil d'administration gère les affaires de la personne morale et exerce tous les pouvoirs nécessaires à cette fin; il peut créer des postes de direction et d'autres organes, et déléguer aux titulaires de ces postes et à ces organes l'exer- cice de certains de ces pouvoirs. Il adopte et met en vigueur les règlements de gestion, sauf à les faire ratifier par les membres à l'assemblée qui suit.   

337.   Tout administrateur est responsable, avec ses coadministrateurs, des décisions du conseil d'administration, à moins qu'il n'ait fait consigner sa dissidence au procès-verbal des délibérations ou à ce qui en tient lieu.   
Toutefois, un administrateur absent à une réunion du conseil est présumé ne pas avoir approuvé les décisions prises lors de cette réunion."   

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